Présentation

Qui suis-je ?

Je me présente, Wilfrid de Nancey, président de l'association de reconstitution médiévale "Les Compagnons de Valérien". Nous proposons diverses animations sur notre campement autour de la période 1180-1220 telles le travail du cuir, la fabrication de cottes de mailles, les jeux, la dégustation d'hypocras, de l'alchimie, herboristerie, forge, musique, combat, danse... Et j'en passe. N'hésitez pas à visiter notre forum, et à nous retrouver en animation à travers la France... 

Pour définir les mutation artistiques de l'époque de Philippe Auguste, on utilise le terme de "style 1200", qui s'applique à la notion de style de transition et qui couvre chronologiquement les années de part et d'autre de 1200.

La grande sculpture du nord de la France est marquée, à l'approche du tournant du siècle, par une monumentalité nouvelle. La sculpture de la cathédrale de Laon marque le premier tournant par rapport aux styles de Senlis et de Mantes. Les deux caractères mentionnés s'expriment ici dans les voussures du portail de la Vierge pour la première fois complètement affirmée. Ces grands bouleversements stylistiques se retrouvent et mûrissent sue le chantier de la cathédrale de Sens ; ce monument qui était déstiné à être l'un des premiers des débuts de l'art gothique puisque commencé sous l'évêque Henry Sanglier (1122-1142), n'appartient, en ce qui concerne la façade occidentale qu'aux années 1185-1205, sauf le tympan du portail central et le portail de droite, qui ont été refaits au XIIIème siècle. Sur les voussures du portail central, un style nouveau, antiquisant, se fait jour, dans le traitement fluide et déliquat des vêtements des personnages, grâce à un jeu de lignes légèrement courbes et en tout cas moins sévères que par le passé, définissant le style qui trouve sa plus haute expression dans le St Etienne du trumeau du portail central autour du tournant du siècle (et dans quelques têtes échappées aux mutilations de 1793). Ce style a connu un rayonnement certain même en dehors de la sculpture monumentale, comme en témoigne un tombeau d'abbé conservé à Nesle-la Reposte.

Les expériences stylistiques de Laon et de Sens conduisent au transept septentrional de Chartres, surtout aux statues des embrasements du portail central. Dans le chantier de cette cathédrale, on a mis définitivement au point la formule monumentale qui consiste à traiter les extrémités des croisillons comme de vraies façades occidentales.

Dans la mutation stylistique des premières décénies du XIIIème siècle, dont l'un des courants majeurs mène aux statues antiquisantes du portail central de la cathédrale de Reims, il faut prendre en considération l'immense chantier que représente la façade occidentale de la cathédrale Notre Dame à Paris, à partir de 1210 environs. On y trouve les résultats de recherches antiquisantes (tête d'ange du musée de Cluny).

Durant les temps obscurs du haut Moyen Age, la sculpture connaît une grande éclipse : elle devient quasi inexistante, et d'une piètre qualité. Elle commence à retrouver une importance réelle sous le règne de Charlemagne, participant du renouveau des esprits et des arts que l'on a appelé la «Renaissance carolingienne».

A Aix-la-Chapelle, l'empereur fait décorer sa chapelle Palatine par huit grilles de bronze doré qui ferment les tribunes ; elles sont forgées d'une seule pièce, ce qui constitue une prouesse technique, et proposent une recherche décorative raffinée et dépouillée, d'un esprit déjà très moderne. De Charlemagne, le Louvre conserve une toute petite statue équestre de bronze, qui est l'une des très rares figurations humaines conservées de cette époque.

Sous le règne d'Otton III, saint Bernard (993-1022), évêque d'Hildesheim, commande deux portes de bronze en 1015, pour sa cathédrale. Les seize panneaux sont conçus de façon très picturale : le fond situe la scène, et son faible relief crée l'illusion de l'espace. Les personnages sont presque figurés en ronde bosse, et donnent une impression très nette de vie et de mouvement : dans la Nativité, saint Joseph se penche avec admiration vers la Vierge, en une attitude très heureusement choisie.

Il se développe du XIe au XIIe siècle. Le début de cette période correspond à la réapparition de la sculpture monumentale de pierre. Une des premières œuvres est le linteau de l'église de Saint-Génis-des-Fontaines (1019-1020), véritable point de départ de la sculpture romane. Une de ses lois fondamentales est déjà respectée, celle de la primauté du cadre architectural : les personnages et les détails de la sculpture y sont strictement subordonnés.

Le volume des corps est encore très schématiquement exprimé, et la sculpture demeure très proche d'un dessin en pierre. Le tympan semi-circulaire des églises, qui couronne le portail, devient un espace privilégié pour ces bas-reliefs, comme le montre le tympan de l'église Saint-Pierre de Moissac, l'Apparition de l'Apocalypse (1110-1120). Les vingt-quatre vieillards, disposés en frises, lèvent les yeux vers le Christ, entouré des symboles des quatre évangélistes ; chacun d'entre eux a une attitude différente et naturelle, tandis que les plis plats de la draperie qui habille le Christ lui confèrent un aspect monumental. L'ensemble est plein de verve et de dignité, et le rythme de la composition se plie parfaitement au cadre architectural.

Un des autres lieux investis par la sculpture est le chapiteau, qui dérive de l'Antiquité, mais est entièrement réinventé par les tailleurs de pierre romans. Ils en font le support de figures monstrueuses, de scènes truculentes de la vie quotidienne, et surtout de représentations tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les chapiteaux de l'église abbatiale de la Madeleine (1130-1145), à Vézelay, en sont le plus célèbre exemple. Les personnages, d'une invention remarquable, d'une vie et d'une animation prodigieuses, sont placés de telle façon qu'ils soulignent les lignes de force de l'articulation des chapiteaux.

Il s'épanouit entre 1150 et la renaissance. On estime généralement que la sculpture gothique suit chronologiquement la sculpture romane, ce qui est globalement juste. Sa naissance en Île-de-France n'est cependant guère postérieure à celle de la sculpture romane, puisqu'on la situe au moment de la création du portail royal de la cathédrale de Chartres (vers 1150). Les colonnes des jambages sont décorées de statues qui empruntent leur forme d'ensemble à l'architecture : on les a appelées «statues-colonnes». La loi de frontalité est respectée, mais les personnages sont habillés de vêtements modernes qui montrent un souci de réalisme entièrement nouveau, que l'on retrouve dans les visages, qui deviennent de véritables portraits.

Dès lors, les sculptures des portails des cathédrales de Senlis, de Sens, de Paris s'enchaînent et montrent un progrès continu dans la vérité du rendu et dans la figuration du relief. Les groupes de la Visitation (vers 1220) et de l'Annonciation (vers 1230) de la cathédrale de Chartres présentent des visages individualisés et diversifiés, et un souci d'expression propre au XIIIe siècle, tout en poursuivant dans leur structure d'ensemble la tradition des statues-colonnes de 1150. Le contraste entre l'humanité des visages et la rigidité des corps donne à ces sculptures un caractère étrange, approprié au mysticisme chrétien.

 Le Gothique se dit d'une forme d'art, en particulier architectural, qui s'est épanouie entre 1140 (déambulatoire du choeur de l'abbatiale de St Denis) et la renaissance. Son nom lui vient des érudits italiens du "quattrocento" qui le qualifièrent injustement de gothique (de goth, les germains) à cause de son originalité. Néanmoins ce style aborde déjà les frontières de la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et même l'Angleterre vers la fin du 12 ème siècle. Au cours du 13 ème siècle, le style gothique s'impose à la majeure partie de l'Occident. Cette floraison, étalée sur plusieurs siècles, concernera l'ensemble des arts.St Denis
Le déambulatoire du choeur de l'abbatiale de St Denis est le premier à voir les conséquences sur sa structure de l'usage de la voute sur croisée d'ogives (report des poussées sur des supports d'angle, allégement des murs, agrandissement des fenêtres).
Les cathédrales de Noyon, Laon, Paris donnent, dans la seconde moitié du 12 ème siècle, le type complexe du gothique primitif.Laon
Chartres, après 1194, définit un type classique avec élévation à trois étages et systématisation des arcs boutants qui remplacent la tribune dans sa fonction de contrebutement.Chartres
C'est encore dans le domaine capétien qu'apparait, vers 1230-1240, le style rayonnant, qui est caractérisé par une plus grande unité spatiale et le développement de vitrages (St Denis, Amiens, Ste-Chapelle de Paris).Amiens
L'art gothique flamboyant n'apparaitra en France et en Allemagne que vers la fin du 14 ème siècle.
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