Retrouvé en 1835 sous l'autel de la Vierge dans l'eglise St Jean Baptiste de Carrières-sur-Seine, cette oeuvre du second quart du XIIème siècle est un grand relief, réalisé dans trois grands
blocs de pierre calcaire. Il représente une Vierge en majesté, flanquée de l'Annonciation, et du Baptème du Christ. Il est possible que ce soit le plus ancien exemple de retable conservé dans la
moitié nord de la France. Il est assez représentatif de la période de transition entre les styles roman et gothique.
Longtemps dissimulée, l'oeuvre a conservé des traces importantes de polychomie et l'on constate que celle-ci avait l'objet d'au moins deux interventions successives.
Stylistiquement, l'oeuvre est assez difficile à situer. Elle juxtapose des éléments de tradition ancienne (le motif de rinceaux peuplés d'animaux et même d'une figure humaine, qui encadre le
retable) à des formes novatrices (les figures sont entièrement détachées du fond, et acquièrent de ce fait une sorte d'autonomie). Le décor architectural de la partie supérieure (une Jérusalem
céleste ?) s'adapte aux figures et ne leur impose plus leur attitude.
Au centre du retable, la Vierge trône "en majesté". A sa droite, figure la scène de l'annonciation, avec un ange à l'étrange coiffure faite de bandelettes croisées ; sa robe est soulevée par des plis en "cloche" peut-être pour suggérer qu'il échappe à toute pesanteur. A gauche, est représenté le Baptème. Le corps du Christ mutilé émerge du Jourdain, avec à sa gauche St Jean Baptiste vêtu d'une toison et à sa droite un ange qui lui apportait peut être un linge. Dans ces deux scènes latérales, les ailes des anges débordent sur le décor de l'encadrement, comme pour indiquer qu'ils n'appartiennent pas à l'espace terrestre.
