Présentation

Qui suis-je ?

Je me présente, Wilfrid de Nancey, président de l'association de reconstitution médiévale "Les Compagnons de Valérien". Nous proposons diverses animations sur notre campement autour de la période 1180-1220 telles le travail du cuir, la fabrication de cottes de mailles, les jeux, la dégustation d'hypocras, de l'alchimie, herboristerie, forge, musique, combat, danse... Et j'en passe. N'hésitez pas à visiter notre forum, et à nous retrouver en animation à travers la France... 

la sculpture

Au moyen age, le bois est un matériau essentiel pour la construction de maisons privées, d'édifices religieux ou municipaux, de ponts et d'enceintes. Il est généralement transporté par voies fluviales, par bateau ou flottage.

Plusieurs groupes d'artisants se spécialisent dans le travail du bois à l'époque romane et, à en croire le traité de Théophile, ils ne doivent pas être confondus avec ceux travaillants d'autres matériaux.

Le "livre des métiers" d'Etienne Boileau, illustre, au XIII ème siècle, la spécialisation croissante qui sépare les menuisiers des charpentiers, mais associe les tailleurs de crucifix à ceux des manches de couteaux et à toutes autre forme de taille, qu'il s'agisse d'os ou d'ivoire.

Mobilier et statuaire sont, avec le décor architectural, les principaux produits du bois taillé. Dans presque tous les cas, le bois est local, les importations lointaines étant très rares.

La première étape du travail est le dégrossissage, suivi de la taille proprement dite, mais un espace important est accordé à l'assemblage. Le matériau, le tronc lui même, conditionne l'oeuvre. Les Vierges romanes sont souvent executées d'un seul bloc de bois, auquel on ajoute l'Enfant, taillé à part. Mais parfois, on va jusqu'à assembler une vingtaine de morceaux pour constituer la statue. Les Christs en bois sont généralement formés de deux ou trois pièces ; soit deux troncs sont assemblés pour constituer la croix, soit une pièce est utilisée pour le corps, et deux autres pour les bras.

Une fois l'oeuvre taillée et assemblée, elle est enduite d'une préparation afin de recevoir la polychromie. Parfois, lorsque les ressources sont suffisantes, la statue peut recevoir une enveloppe métallique. Ainsi, le buste de St Baudime à St Nectaire est constitué d'une âme de bois, recouverte de lames de cuivre travaillées au repoussé et dorées, avec la tête et les mains en cuivre fondu et ciselé (fin XIIème). En revanche, le buste de St Césaire d'Arles, conservé dans l'église de Maurs (Cantal) a reçu une application d'argent et de cuivre doré, tandis que la tête et les mains sont peintes au naturel.

Les outils du sculpteur n'ont guère changé depuis le moyen-age, ni dans leur formen ni dans leur utilisation, seul le matérau (le type d'acier)a évolué. Voici donc quelques outils, que j'utilise en animation de reconstitution médiévale. Vous verrez une massue, des ciseaux et gouges (les ciseaus avec un arrondi), ainsi que le couteau que j'utilise pour certains détails. Ici on peut voir ma masse. Elle est très simplement faite en un seul et unique morceau de bois tourné. Le manche est donc solidaire et non rattaché au reste. Cet outil est extrémement simple dans sa conception et sa fabrication. Voici les ciseaux et gouges. Ils servent à enlever de la matière (bois ou plus tendre, style terre...). On peut les utiliser simplement à la main, ou avec la masse pour de plus gros travaux. Ici en détail le ciseau à bois dit "droit". Et là une gouge.

Une distinction essentielle oppose le relief et la ronde-bosse. Si les formes représentées sur un fond équivalent à moins des trois quarts du volume réel, la sculpture est appelée relief. Il s'agit d'un «relief gravé» s'il est uniquement parcouru de sillons, d'un «bas-relief» si les formes représentent moins de la moitié du volume réel, et d'un «haut-relief» si les formes en saillie sont comprises entre la moitié et les trois quarts du volume figuré.

On nomme ronde-bosse une sculpture sans fond, autour de laquelle on peut tourner, et dont le volume correspond au moins aux trois quarts de l'objet représenté. Certaines œuvres en ronde-bosse sont traditionnellement désignées de façon particulière. Une ronde-bosse représentant une figure entière (homme, animal, être imaginaire) est nommée «statue», et la réunion sur un même socle de plusieurs figures en ronde-bosse, liées par une action commune, constitue un «groupe». On appelle «torse» la représentation d'un corps privé de tête, de bras et de jambes, et «buste» la représentation de la tête, du cou, et d'une partie variable des épaules, des bras, de la poitrine et de l'estomac (le buste est dit «à l'antique» lorsque la poitrine est coupée horizontalement, «en hermès» lorsqu'elle est prolongée en forme arrondie ou pyramidale qui rejoint le piédouche).

Enfin, selon le format de l'œuvre par rapport à l'objet réel qu'elle représente, la sculpture est dite colossale si elle dépasse les dimensions naturelles, de grandeur nature si elle a des dimensions équivalentes à l'objet représenté, petite nature si elle est un peu plus petite, ou demi-nature si elle n'a que la moitié des dimensions naturelles.

La technique la plus ancienne, qui correspond précisément au sens étymologique du mot «sculpture», est la taille. C'est un procédé de soustraction progressive du matériau, qui s'applique à toutes sortes de matières : bois de différentes essences, pierre, mais aussi ivoire, os, béton, polystyrène. On distingue deux sortes de taille : la première est la taille directe, la seconde est la taille par mise aux points. L'autre technique traditionnelle de sculpture est le modelage.

La taille directe : L'artiste, aidé d'un dessin ou d'une esquisse en trois dimensions, taille lui-même le bloc de matière, et invente la forme de l'oeuvre tout en l'exécutant. Il s'agit d'un travail difficile, et qui ne permet aucun repentir. Ce procédé, utilisé dans l'Antiquité, au Moyen Age et jusqu'à la Renaissance, a été remis à l'honneur à la fin du XXe et au début du XXe siècle.

Dans la taille directe, le sculpteur part de la matière et suppose qu'existe en elle une forme qu'il doit révéler plus que créer, ce qu'exprime parfaitement Michel-Ange : «L'esprit du sculpteur ne peut inventer aucune idée qu'un bloc de marbre ne possède pas». La tâche du sculpteur est d'être à l'écoute du matériau, de mettre au jour l'oeuvre à venir, non de l'inventer intellectuellement. Comme dira Brancusi, un des rénovateurs de la taille directe au XXe siècle : «La main pense et suit la pensée de la matière». Cette rêverie sur le respect de la matière a notamment servi de fondement théorique à deux courants de notre temps : le développement de la sculpture sur de nouveaux matériaux, dont le caractère inédit doit justement favoriser la création de formes nouvelles, et la sculpture abstraite, qui se présente comme l'exploitation de la vérité et de l'esprit d'un matériau sans qu'on ait besoin d'un sujet particulier à traiter.

La taille par mise aux points : L'artiste se contente de créer, par modelage, le modèle de son oeuvre, et laisse le soin de tailler la matière définitive à ses collaborateurs, assistants et praticiens. Il gagne ainsi du temps, évite le travail fastidieux de la taille, et ne court pas le risque de gâcher une matière coûteuse. La reproduction du modèle en une matière dure est une opération quasi mécanique, qui se fait avec l'aide de la «machine à mettre aux points», existant depuis la Renaissance et perfectionnée au cours du XIXe siècle.

Le modelage est une technique traditionnelle de sculpture, au même titre que la taille. Le modelage est un procédé d'ajout progressif de matériau. Le sculpteur part d'un noyau interne, armé ou non, qu'il grossit à l'aide d'une matière molle (terre glaise, cire, résine synthétique). Il peut à chaque instant ajouter ou enlever de l'épaisseur, modifier le dessin des formes et a ainsi toute liberté pour rectifier son travail au fur et à mesure. Une fois le modèle achevé, on en tire un moulage en plâtre, que le sculpteur peut encore corriger.

Cette technique est la plus couramment employée, mais elle suppose que l'on se préoccupe par la suite de réaliser l'oeuvre dans la matière définitive. Cela peut se faire soit en utilisant le plâtre comme modèle pour la mise aux points, soit en procédant à la fonte en bronze. Il s'agit d'une opération artisanale très délicate.

Face à l'image du sculpteur italien taillant le marbre, on a souvent mis en valeur la dimension métaphysique du modelage. Semblable à Dieu créant l'homme avec un peu de terre et d'eau, de boue, le modeleur façonne en toute liberté une forme, il crée pour ainsi dire à partir de rien. Rodin a mis en lumière cette identification avec la Main de Dieu, qui montre la main du Seigneur modelant de la terre pour créer l'homme et la femme, et figure tout aussi bien son propre geste de créateur.

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